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La rentabilité

Comment estimer la rentabilité d'un système de transport en commun comme le monorail?

D'abord, il pourra régler de nombreux problèmes urgents en matière de transport pour la grande région de Montréal, en fournissant notamment plusieurs accès à l'île par le biais des ponts existants et cela, autant pour les passagers que pour les marchandises. De plus, une ligne Montréal-Québec sera rentable en économisant sur l'usage de nos routes et en ouvrant la porte au développement des autres régions du Québec, sans oublier que cette technologie innovatrice sera facilement exportable dans tous les pays du monde. Tout le Québec sera gagnant en somme, autant les grandes villes que les régions. Peut-on être plus rentable que cela pour un système de transport en commun? En plus, ce sera un projet de société qui profitera aux futures générations.

Toutefois, il est difficile de calculer la rentabilité exacte en ce moment. Certains facteurs sont quantifiables, alors que d'autres le sont moins. Quant à l'achalandage entre Montréal et Québec, il est trop tôt pour prévoir formellement combien de Québécois(es) seront séduits par ce nouveau mode de transport. Les calculs et le prix indiqué sont approximatifs. Mais une chose est certaine: il y aura un engouement marqué pour le monorail en raison de sa nouveauté et de son économie de temps, ce qui contribuera à réduire le trafic routier et l'usure des routes, et à diminuer, bien sûr, de plusieurs millions $ les coûts d'entretien du réseau routier par l'État.

Néanmoins, la rentabilité d'un transport collectif se calcule généralement à partir de son achalandage. Et l'incitatif premier pour un usager est toujours de se véhiculer le plus rapidement possible au meilleur prix possible.

La rentabilité par passagers sur la ligne Montréal-Québec

La ligne la plus rentable au Québec est celle entre Montréal et Québec. Selon les statistiques de Transport Québec, c'est le corridor le plus achalandé, avec 40 000 à 140 000 véhicules (automobiles, autobus et camions), qui transitent à chaque jour sur les autoroutes 20 et 40. On estime qu'environ 30 000 personnes font la navette entre Montréal et Québec à chaque jour, soit 11 millions par année. Orléans Express et Via Rail transportent 1 300 000 de ces voyageurs. Les autres transitent majoritairement par automobile.

Si le TrensQuébec récupérait seulement 15% des passagers qui voyagent présentement par automobile, soit 1,6 million par année, avec un aller simple de 70$, l’infrastructure Québec-Montréal, construit sur le terre-plein de l’autoroute 20 ou 40, à un coût d’environ trois milliards $, se payerait en moins de 30 ans. (1,6 million de passagers x 70$ sur 15 ans = 3,6 milliards$) Ceci comprend le transport d’environ 5 000 passagers en moyenne par jour entre Québec et Montréal, avec une moitié quittant l’une ou l’autre des deux localités. Encore une fois, ceci n'est qu'une estimation.

Évidemment, une fois en opération, le monorail risque fort bien d’attirer plusieurs de ceux qui transitent actuellement entre Québec et Montréal, que ce soit par Via Rail l'automobile ou l'autobus. Pourquoi? Parce que le monorail est pratiquement trois fois plus rapide. Son caractère unique et novateur sera aussi un facteur d'attraction, surtout pour les touristes, sans oublier qu'il sera entièrement écologique en réduisant le bruit, la pollution et le nombre de voitures et de camions sur nos routes.

Le prix est aussi un facteur important. Le prix d'un billet Montréal-Québec par monorail pourrait se fixer à 70$ ou moins. Cela rivaliserait les 79$ d'un aller simple par VIA Rail, et serait beaucoup moins cher que par voiture, car en plus de prendre trois heures environ pour faire le trajet de centre-ville à centre-ville, les coûts par voiture sont d'environ 100$ lorsqu'on totalise tous les frais rattachés, dont l'essence, les coûts d'usage, l'assurance et les réparations, sans oublier les dommages à l'environnement, les risques d'accidents et la fatigue. Seul l'autobus serait moins cher, à 52$. Mais, rien n'empêche que le prix du monorail puisse être inférieur à 70$, ou diminuer avec le temps, et cela, à mesure que le système se rentabilise et qu'il y ait suffisamment de véhicules pour répondre à la demande, elle qui sera toujours en nette croissance.

Néanmoins, on peut dire avec confiance, qu’une fois installée, la ligne Québec-Montréal sera en forte demande et risque d’augmenter avec le temps, sans oublier les nombreux touristes venus du monde entier pour vivre l'expérience d'un trajet rapide entre Montréal et Québec. C'est pourquoi il est raisonnable de prétendre qu’en quelques années d’opération le monorail puisse récupérer le grand nombre de ceux qui transitent actuellement entre Québec et Montréal et devenir le moyen de transport collectif le plus rentable au monde. Heureusement que nous avons au Québec toutes les industries qu’il faut pour produire les pièces de l’infrastructure et les véhicules. Plusieurs vont abandonner leur voiture pour le monorail, et réduire ainsi notre dépendance au pétrole, améliorer l’air qu’on respire, et enrichir tout le Québec.

Pour répondre à la demande de 5 000 passagers par jour, il s’agit d’avoir une trentaine de véhicules qui partent aux quelques minutes, soit de Québec ou de Montréal, pour faire l’aller-retour en deux heures environ. Le système ressemblerait à un tapis-roulant. Montréal deviendrait la banlieue de Québec, et Québec la banlieue de Montréal, ce qui aurait un impact notable sur l'économie et la culture, autant de la Métropole que de la Capitale.

Les marchandises

Le système est rentable à partir du transport des passagers seulement. Mais une autre somme de revenus provient du transport des biens et des marchandises, comme la poste et les légumes. Chaque containeur peut transporter jusqu’à dix tonnes de biens, ce qui correspond au poids de quatre à cinq automobiles. Le transport des marchandises par camions représente près de cinq milliards$ dans l'économie québécoise. Le fret de type général représente 65% de ce total, ce qui pourrait être transporté par la TrensQuébec. Le corridor Québec-Montréal connaît le plus haut taux de déplacements par camions, environ 3 000 par jour. Les autres corridors les plus achalandés, selon l'ordre d'importance, sont Montréal-Montérégie, Québec-Chaudière-Appalaches, Montréal-Gatineau et Québec-Saguenay.

Avec la plus grande rapidité et les coûts réduits, le monorail pourrait vraisemblablement transporter une forte proportion des marchandises qui transitent actuellement par camions, après quelques année d’opération, réduisant ainsi l'usure des routes et la pollution atmosphérique. Les camions auraient la tâche alors d’alimenter le réseau TrensQuébec plutôt que de faire le trajet entre Québec et Montréal ou les autres grandes villes. Quant à Via Rail, subventionné par l’État fédéral, il n’aurait plus sa raison d’être ce qui permettrait au Canadien national de se consacrer au transport des matières lourdes et chimiques.

L'implantation à l'extérieur du Québec

En plus des passagers et des marchandises, une troisième source de revenu, et non la moindre, serait l’implantation du monorail suspendu à l’extérieur du Québec, par exemple, entre Montréal et Toronto, ou entre Montréal, Boston, New York et Washington, sans oublier les autres pays du monde, comme la Chine, la Russie et le Brésil. Ce créneau pourrait contribuer à enrichir le Québec considérablement, non seulement en créant de nombreux emplois chez nous (jusqu'à 90 000 selon l'étude de l'IREC), mais en créant plusieurs entreprises connexes dont certaines se spécialiseraient dans le développement des opportunités d’affaires dans ces autres pays, à mesure qu'on y implante le monorail québécois. La rentabilité de l'exportation du monorail demeure tout à fait inestimable, mais certainement de l'ordre de plusieurs milliards.

Et n'oublions pas les trains de banlieue

Nous avons souligné la grande importance du monorail pour relier la Rive-Sud de Montréal à l'île, via les ponts existants, soit par le Victoria, le Mercier ou le Jacques-Cartier, sans avoir à construire un nouveau pont dont les coûts seraient exorbitants.(Voir section Accès Montréal) Cela non seulement réglerait plusieurs problèmes urgents en matière de transport pour la grande région de Montréal, mais économiserait des milliards aux gouvernements.

Mais le monorail peut également servir à l'expansion des trains de banlieue à Montréal, à Québec, et ailleurs, pour relier les villes environnantes ou pour réduire la distance à l'intérieur d'une même ville. Il ne s’agit que de rendre un corridor existant disponible, comme le centre d’un boulevard urbain ou le long d’une route quelconque, pour qu’une nouvelle ligne de transport puisse voir le jour assez rapidement et à moindre coût que par moyens conventionnels.

Le monorail est certainement moins coûteux qu’un tramway ou un métro. Le projet de tramway proposé pour la ville de Québec dépasse les 40 M$ du kilomètre. Le coût total du Métro de Laval était de 745 millions$, soit 143,2 m$/km. Selon le p.d.g. de l'Agence métropolitaine de transport (AMT) de Montréal, Joêl Gauthier, le réseau de trains de banlieue, pour la grande région de Montréal, accuse un retard de 30 ans par rapport à Toronto.(Le Devoir, 19/01/09, A2)

Autre exemple: Québec-Lévis

En raison de la congestion quotidienne souvent monstrueuse, entre Québec et Lévis et qui ressemble à Montréal et la Rive-Sud, le ministère des Transports du Québec (MTQ) cherche à augmenter la fluidité sur les ponts en ajoutant une troisième voie sur la 20 entre la Route Kennedy et les ponts et en améliorant la tête des ponts sur la rive-nord. Cette option serait plus coûteuse et moins durable que d'installer un monorail. Un monorail urbain entre Québec-Lévis, sur 30 km, via le Pont de Québec ou le Pont Pierre-Laporte, coûterait environ 350 millions$. On estime que 30 000 personnes voyagent quotidiennement entre Québec et Lévis. Plusieurs de ceux qui voyagent actuellement entre Québec et Lévis pendant une heure ou deux, à cause de la congestion automobile, pourraient le faire plus confortablement par monorail en 15 à 20 minutes. Et avec un billet simple à un prix raisonnable, cette ligne pourrait générer plusieurs milliers de dollars par jour et éventuellement rentabiliser son infrastructure tout en réduisant considérablement la congestion des autos et des camions sur les deux ponts.

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